Histoire et Patrimoine

L'Eglise

SAINT PIERRE de Savigny sous Faye

 eglise

 

Façade nord.

 

Table des matières

 

Extérieur

         

La façade ouest

 

La façade nord

 

Le clocher

 

La façade est

 

La façade sud

 

Les modillons


 

Intérieur

           

La nef

 

Le chœur

 

Relique de saint Fort

 

○ Le mystère des cloches de l’Église Saint Pierre

 


 

Petit glossaire 

Ouvrages consultés 

 

 

 bandeau

 

 

 

Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926, l’église Saint Pierre a été classée monument historique en 1994 et à ce titre, elle est protégée par la loi.

 

Fermée en 1999, d’importants travaux de restauration y ont été entrepris de 2001 à 2008.

L'église est désormais rouverte au culte.

 

 

Bâtie sur l'emplacement d'un édifice religieux du Vème siècle, l'église Saint Pierre fut construite du XIIème au XVème siècle. De la partie datant du Vème siècle il ne reste, semble t-il, rien d’apparent. On peut cependant supposer que les fondations, visibles lors de la dernière campagne de fouilles de 2008, remontent à cette période.

 

À l’intérieur comme à l’extérieur, cette église présente des traits architecturaux et ornementaux propres aux styles roman et gothique. Des modifications telles que la construction d’une sacristie adossée au chevet, et de contreforts de part et d’autre du portail ont été effectuées dans le courant du XIXème siècle. Toutefois, malgré ces différents apports, vu de la Place, l’édifice donne une impression d’homogénéité architecturale et nous pensons nous trouver devant un édifice purement roman.

 

Certains auteurs[1] pensent qu’il existe des points communs entre la partie romane de cet édifice et l’église Notre-Dame de Lencloître (1106 – 1109). On peut en effet imaginer que les tailleurs de pierre ayant terminé un chantier en aient entrepris un autre à peu de distance du premier.

 

 

Extérieur

 

 

Comme de nombreuses églises paroissiales rurales, l’église Saint Pierre est de forme rectangulaire et est composée d’une nef et d’un chœur.

L’appareil est constitué de blocs de pierres quadrangulaires. Compte tenu de leur couleur et de leur grain, on peut penser qu’il s’agit de tuffeau extrait dans les environs.

 

 

La façade ouest


 

Sur cette façade s’ouvre un portail roman à arc en plein cintre auquel on accède en descendant quatre marches. Deux des trois voussures sont ornées de palmettes et de motifs géométriques dessinant une chaîne incrustée de perles. Les corbeilles des chapiteaux sur lesquelles reposent les voussures externe et médiane présentent des motifs en dent de scie, des oves, des feuillages et des éléments végétaux ressemblant à des boutons de fleurs de lotus. Au dessus de ce portail on peut voir une étroite fenêtre à arc en plein cintre dénuée de tout ornement hormis une clé en relief.

 

 voussures

 

Voussures et chapiteaux du portail.

 

 



[1] L’Abbé Grand L’église de Savigny-sous Faye. Bulletin des Antiquaires de l’Ouest et F. Jeanneau Architecte en Chef des Monuments Historiques.

 

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La façade nord

 

Les trois contreforts plats qui soutiennent la nef délimitent quatre travées romanes du début du XIIème siècle.

Cette partie de la façade est percée de quatre baies à plein cintre dont les claveaux sont surmontés d’un cordon décoré d’une simple moulure rainurée. Une fenêtre semblable, mais aujourd’hui murée, éclairait le chœur. Au dessus de celle-ci, on retrouve le même décor qui se prolonge jusqu’aux contreforts qui l’encadrent à gauche et à droite. En observant de près la partie gauche, l’arc de cercle tracé par la moulure qui surmonte la quatrième fenêtre de la nef (celle qui est la plus proche du clocher), on se rend compte que cette ornementation devait peut-être courir sans interruption tout le long du mur.

Sous les fenêtres, un autre cordon, orné de losanges, souligne la façade. Ici aussi, on peut noter des ruptures dans le tracé du décor. Tout d’abord, il ne débute qu’à partir de la première baie de la nef et non à l’angle de l’édifice. Il reste à la même hauteur tout le long du mur correspondant à la nef puis, à partir de la tour qui abrite l’escalier du clocher jusqu’au contrefort épaulant l’angle du chevet, il est placé quelques mètres plus bas. Monsieur Jeanneau, Architecte en Chef des Monuments Historiques[1], explique que la tour du clocher « semble avoir été montée en deux étapes. En effet, dans ses parties basses, une corniche court à la même hauteur que celle du mur nord de la nef ; deux rangées de trous de boulins alignés sont visibles dans les parties basses, de la travée sous clocher et du mur du chœur, enfin les assises du mur nord de la nef sont continues avec les assises du mur nord du chœur, mais pas avec les assises du mur nord de la nef. À mi-hauteur, une rupture dans le montage des assises est discernable entre les deux contreforts de la travée du clocher. (….) Tous ces indices nous font penser que la construction de l’églises a commencé par l’est, mais qu’après un court arrêt des travaux, survenu alors qu’on travaillait à la tour d’escalier, le chantier a repris avec l’achèvement de la tour de l’escalier du clocher et par la construction de la nef. »

Sous la fenêtre romane murée, une porte surmontée d’un arc surbaissé donne accès au chœur. Cette ouverture, bouchée avant que les derniers travaux de restauration n’aient été entrepris, sert aujourd’hui d’entrée aux personnes à mobilité réduite.

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 Le clocher

 

Situé juste avant le chœur, le clocher est percé d’ouvertures géminées à arc en plein cintre. Ces baies sont ornées d’archivoltes moulurées reposant sur d’élégantes colonnettes aux chapiteaux ornés de feuillages. Sur le toit, une girouette représentant un coq[2] a été mise en place à la suite des récents travaux de restauration (Sur des photographies datant de la première moitié du XXème siècle, on n’en voit que la partie inférieure.). La tour qui jouxte le clocher abrite l’escalier permettant d’accéder à la chambre des cloches.

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La façade est

 
 Le chevet de l’Eglise Saint Pierre est plat alors que celui de la plupart des édifices religieux romans dessine une courbe. Selon Monsieur Jeanneau, le « réaménagement au XIIIème siècle, (…) a peut-être dû concerner la fermeture de l’église par un chevet plat remplaçant une abside semi-circulaire (…). Certes nous n’avons pas la possibilité de prouver cette hypothèse (…)»[1].

Alors, quelle était la forme du chevet original ? Pour de nombreux historiens de l’art, les chevets plats associés à une nef unique sont fréquents dans les petites églises rurales romanes et gothiques car le coût de leur construction est moins élevé que pour un tout autre type de chevet.

Une fenêtre ogivale à remplage datée du XVème éclaire le chœur. Malheureusement, le toit de la sacristie construite au XIXème en masque partiellement la vue.

Ici, comme sur le parvis et le long du mur nord, on constate l’existence d’une importante dénivellation. En effet, le terrain voisin est situé au moins un mètre en contrebas.

 

[1] Étude préalable à la restauration des couvertures et de la maçonnerie extérieure de l’édifice. Page 4.

[2] Pour les Catholiques Romains, le chant du coq au lever du soleil symbolise l’avènement du Christ le matin de Pâques et aussi le reniement de Pierre, c’est pourquoi on le trouve sur la plupart des clochers. (« Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. Et Jésus dit : Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd'hui que tu n'aies nié trois fois de me connaître. » Évangile selon Luc Ch 22. )

[3] Étude préalable à la restauration des couvertures et de la maçonnerie extérieure de l’édifice. Page 4.

 

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 La façade sud

 

Au niveau du chœur, le mur a été percé au XVème siècle d’un oculus sans ornementation.

La nef est éclairée par deux baies : l’une trilobée mais simple et l’autre à remplage surmontée d’un oculus quadrilobé. Toutes deux sont de style gothique (XVème siècle).

De ce côté de l’église on constate encore qu’une importante quantité de terre a été apportée à un moment donné de l’histoire de l’édifice. On peut supposer que cette modification est postérieure aux restaurations réalisées au cours du XVème siècle. En effet, on découvre une baie ogivale enterrée aux trois quarts de sa hauteur. On sait, grâce à un document daté de 1930[1], que déjà « [de] 1829 à 1875 pendant plus de quarante ans M. André curé de Savigny espéra avec le conseil de fabrique[2] assainir les murs de l’église en la dégageant des terres qui l’enserrent (…) ».

 

 baie gothique

Baie gothique semi-enterrée (façade sud).

 

On ne peut en outre n’être que frappé par l’énormité des contreforts qui supportent toute cette partie de l’édifice. Celui qui épaule le chevet ainsi que les deux contreforts suivants ont été construits au XIIIèmesiècle. Les contreforts situés au niveau de la nef sont contemporains des baies gothiques.


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[1] Rapport de Monsieur de Curé de Savigny à l’occasion de la Confirmation 20 juin 1930.

[2] Il s’agit d’une assemblée constituée de membres du clergé et de laïcs ayant pour charge d’administrer les biens d’une église.

 

 



 

   Les modillons

 

Sous les toits du clocher et de l’abside court une corniche soutenue par des modillons. Les uns sont carrés et sans décor, comme par exemple sous la toiture de la nef, tandis que la plupart de ceux du clocher et du chevet sont sculptés. On voit souvent de tels ornements dans l’architecture religieuse de style roman. Placés à l’extérieur et en hauteur ils permettent aux sculpteurs de représenter surtout un monde profane qu’on ne laisse pas toujours entrer dans les églises. On trouve ainsi des modillons grivois aux cotés d’êtres fabuleux, de visages grimaçants, de références aux pêchers des hommes, d’animaux domestiques ou sauvages,

 

 

acrobate                                  chien         satan  homme
L’acrobate. (du gr. akros, haut, et           batein, marcher). Pour certains auteurs,     l’acrobate est donc celui qui va vers le   ciel, qui se tourne vers dieu. Il pourrait   ainsi être celui qui se convertit.  Cependant, l’acrobate se produisait aussi  dans les fêtes de village comme dans les  châteaux. Il peut alors n’être que  l’illustration d’un aspect de la vie des  hommes.                         
  Chien ou loup ? Sa gueule        entrouverte et ses dents     acérées nous suggèrent en        tous cas qu’il s’agit d’un      animal maléfique   annon-     ciateur   de mort peut-être.      Est-ce Satan qui parle à        l’oreille de l’Homme ? Le regard de ce dernier semble être dirigé vers le haut est-ce pour signifier qu’il se tourne vers dieu afin de résister à la tentation? 

 

 

                       

 

   

     tonneau    animal fabul    chat jumeaux
On trouve souvent des     tonnelets. Il y en a deux à       Savigny.        Animal fabuleux s’apprêtant  à      dévorer un homme dont la position renversée évoque la      Chute.     Chats jumeaux ? Le chat était doté de pouvoirs aussi bien bénéfiques que maléfiques. Au Moyen - Age, on le croit en relation avec le monde des ténèbres.

 

 

homme accouchement homme avalé
    Femme en train d’accoucher ?
 

 

                    Encore un homme avalé !

                    Châtiment

                    ou figuration des vices

                    qui le dévorent ?

 

 

femme serpent langue tirée homme cannibale1

Cette femme donnant naissance

à deux serpents qui tètent son lait

symbolise la luxure.

Comme ceux de la sirène,

ses cheveux sont longs,

ce qui évoque la tentation

   

De tels modillons ne sont pas rares.

La langue tirée représenterait la parole sacrée

ou encore la calomnie.

   

Une représentation de l’homme cannibale.

 

Les yeux exorbités de l’avaleur en font un être terrifiant.

 

Ou s’agit-il d’une figuration de la résurrection,

 

d’une renaissance 

spirituelle ?

                                    

   

homme cannibale 2

vieillard

tête bêche

Même thème illustré ici

que par le modillon précédent.

 

 

 

Barbes et moustaches

permettent de distinguer hommes et femmes.

Ce modillon semble représenter un vieillard le regard implorant tourné vers le ciel.

 

 

 

Curieux modillon aux visages tête bêche.

 

 

 

anthropomorphe 1 anthropomorphe 2

Serpent anthropomorphe

étouffant des pécheurs.

 

sirène

   

   

        

Sirène bifide. Doit-on voir ici une puissance maléfique, une illustration de la séduction qui pousse l’homme à sa Chute ? On trouve une telle figure dans l’Odyssée d’Homère (Les sirènes qui tentent de séduire Ulysse et ses marins ont des ailes) et dans le poème de H. Heine Die Lorelei (1824), par exemple.

Mais il se peut aussi que la sirène symbolise la vie (l’eau est source de vie), la naissance.

 

 

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En faisant le tour de l’église, nous avons pu constater l’existence d’un certain nombre d’« anomalies ». Pour quelles raisons a-t-on apporté de la terre autour de l’édifice ? On sait qu’une partie de cette terre recouvre les vestiges d’un cimetière mérovingien et des traces d’occupation romaine. Pourquoi la disposition des pierres dans l’angle nord-ouest de l’église n’est-elle pas aussi harmonieuse qu’ailleurs ? Pourquoi la façade nord est elle romane tandis que l’essentiel de ce qu’on voit côté sud est gothique. La visite de l’intérieur de l’église apporte des réponses.

 

Intérieur

 

 

Il faut encore descendre quatre marches pour accéder à la nef.

Les enduits à la chaux avec faux joints datant du courant du XIXème siècle ont été repris au moment de la dernière restauration.

 

La nef

 

Au lieu des quatre travées auxquelles on s’attendait, on découvre ici qu’il n’y a que deux voûtes à croisée d’ogives fermées par des clefs armoriées. L’une porte les armes du roi et l’autre celles du dauphin Charles II, comte de Poitiers qui deviendra Charles VII, roi de France en 1422.

Côté nord, les colonnes de la nef ont des fûts et des bases romanes mais les chapiteaux de celles qui supportent les voûtes à croisée d’ogives sont gothiques. Ils ne présentent aucun décor autre que des moulures simples et leur abaque est polygonal. Ils ont été repris au XVème siècle en même temps que la voûte et les baies ouvrant au sud.

On constate que les abaques qui à l’origine coiffaient les colonnes délimitant la première et la troisième travée ne supportent plus rien. Les quelques pierres qui surmontent le premier laissent penser que la voûte s’est effondrée brutalement. L’abaque du deuxième a été endommagé mais, tandis que la corbeille du premier est ornée d’éléments végétaux, celle-ci est sculptée de deux lions affrontés soutenant une perle et en tenant une dans la gueule. On remarquera deux autres chapiteaux historiés : au nord, juste avant la travée sous clocher, l’arc est soutenu par deux colonnes romanes adossées. Le décor de la corbeille du chapiteau roman côté nord présente deux êtres mi-oiseaux mi-serpents affrontés. Deux personnages qui semblent flotter dans l’air en tenant un blason, une hostie ou une couronne de fleurs ( ?) ornent la corbeille fortement endommagée du chapiteau côté sud.

 

 chapiteau nef 1

Chapiteau roman de la nef (Détail).Cliché François Robin.

 

Au nord, les arcs de plein cintre qui surmontent les baies romanes à gradins reposent sur des colonnettes coiffées de corbeilles sculptées de fleurs et feuillages divers ainsi que de motifs géométriques en dent de scie. Au sud, les deux baies gothiques présentent une ouverture en biseau qui laisse ainsi entrer le maximum de lumière à l’intérieur de l’édifice.

Deux autels datés du XVIIIème siècle se dressent contre les murs nord et sud de la dernière travée de la nef. L’arc en accolade qui surmonte la niche dans le mur sud laisse supposer que son aménagement n’est pas antérieur au XVème siècle.

Dans la deuxième travée sud on notera la présence d’une porte romane aujourd’hui bouchée. Elle correspond à l’ouverture gothique semi enterrée visible à l’extérieur.

Le vitrail de la fenêtre percée à l’ouest, au dessus du portail, est un don d’André Aîné en 1872. Il représente Saint Pierre reconnaissable à ses attributs : triple couronne, croix papale à triple croisillon (Il est le premier pape de l’église catholique romaine.).

La travée sous clocher présente une voûte en berceau brisé soutenue par des arcs doubleaux à double rangée de claveaux ainsi que par de puissants arcs formerets.

 

 

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Le chœur

 

Cette travée est couverte par une voûte en berceau. Sur le mur nord, à l’emplacement de la baie romane occultée, l’enduit est recouvert d’une peinture murale sur laquelle on reconnaît les deux clefs de Saint Pierre (celle de la Terre et celle du Ciel), la tiare papale ainsi qu’un livre, sans doute la Nouvelle Loi.

Sur la partie inférieure gauche du vitrail au dessus de l’autel on peut reconnaître Saint Pierre enchaîné (tonsure, barbe bouclée) et en arrière plan, des soldats, sans doute ceux qui l’ont capturé. La partie droite montre le Christ confiant les clefs à Saint Pierre. Ce vitrail et celui de la baie circulaire ont été restaurés entre 2001 et 2008.

 

vitrail choeur 

Vitrail du choeur

 

Devant le vitrail, se dresse un autel construit en 1840 par le frère de Mr. André, curé de Savigny, aidé de François Charlot menuisier.

Sur l’autel, un tabernacle du XVIIème en bois peint et dessous, une châsse abritant un gisant représentant Saint Fort. Une relique de ce Saint, dont la réputation est de guérir les enfants malades, se trouve enchâssée à l’arrière de l’autel moderne.

 

tabernacle

Tabernacle

 

Aux angles sont placés deux culs-de-lampe sculptés et peints. Celui de droite tient un livre : l’Ancien ou le Nouveau Testament. Celui de gauche pourrait, selon M Jeanneau, tenir un phylactère.

 

 

cul de lampe droit cul de lampe gauche

 Culs-de-lampe

 

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Relique de saint Fort


Il semble qu’on trouve le nom de ce saint principalement dans l’ouest de la France, à savoir, dans le Bordelais, en Poitou, Saintonge et Anjou.

 

Un peu de mystère entoure l'existence de ce saint: Selon certains textes Saint Fort fut le premier ou un des premiers évêques de Bordeaux, selon d'autres ce fut Saint Seurin ou Saint Sévérin. Tous deux seraient morts en martyrs, mais les auteurs ne s'accordent pas pour dire comment serait mort Saint Fort. aurait-il été égorgé, lapidé ou encore décapité ? Cependant, il n'y a nulle trace de Saint Fort dans la martyrologie chrétienne. Un des tombeaux se trouvant dans la crypte de la Basilique de Saint Seurin de Bordeaux, serait celui de Saint Fort et l'édifice religieux héberge des reliques des deux personnages. Le problème est que l'église de Tourtenay, dans les Deux-Sèvres abriterait aussi le tombeau de Saint Fort qui serait mort de maladie au prieuré alors qu'il y séjournait. D'autres documents signalent que le mot «fort» était autrefois utilisé pour désigner une châsse contenant des reliques. Y aurait-il confusion: le «saint fort» ne serait-il alors qu'une sainte châsse ? Il n'en demeure pas moins qu'une relique attribuée à Saint Fort fut apportée de Poitiers, le 17 septembre 1899, par monseigneur Pelgé. Cette relique est enchâssée à l'arrière du nouvel autel de l'église. La croyance populaire attribuant à certains saints des vertus en relation avec leur nom, les femmes venaient ici en pèlerinage le lundi de la Pentecôte pour que saint Fort accorde force et santé à leurs enfants de faible constitution ou malades.

 

relique

Relique de Saint Fort

 

 

Non loin de Savigny, à Ceaux-en-Loudun, une autre relique du saint a été vénérée par les paroissiens. Une messe y était célébrée au mois d’août, le dimanche qui suit la Saint Augustin.

 

 

cénotaphe

 

 

Sur l’affichette reproduite ci-dessus, on peut voir un dessin représentant le cénotaphe (début du XX ème siècle ?) dans lequel se trouve le « gisant » de Saint Fort. Suspendue au mur nord, une peinture montre des enfants recevant la bénédiction de Saint Fort.

 

 

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Petit glossaire :

 

 

 

Abaque : Tablette qui couronne le chapiteau d’une colonne.

 

Arc formeret : Arc qui longe le mur et sert d’appui à une voute.

 

Arc doubleau : Arc séparant deux parties d’une voute ou soutenant un berceau.

 

Arc triomphal : Il s’agit d’un arc séparant la nef du chœur.

 

Archivolte : Moulure simple ou sculptée surmontant l’arc d’un portail ou d’une baie.

 

Claveau : Elément de pierre taillé en biseau constitutif d’un arc ou d’une voute.

 

Corbeille : Partie généralement sculptée d’un chapiteau sur laquelle repose l’abaque.

 

Croisée d’ogives : C'est une voûte constituée d'arcs disposés diagonalement (les ogives) qui se croisent au centre sur une clef et reposent sur les abaques des colonnes. On rencontre ce type de voute en architecture gothique.

 

Cul-de-lampe : Ornement en forme de cône ou de pyramide renversée servant à supporter la base d’une colonne, la retombée d’un arc ou, comme ici, une statue.

 

Géminé : Baies (souvent séparées par une colonnette), arcades, ou colonnes jumelées.

 

Historié : Qualifie un chapiteau représentant une scène animée.

 

Modillon : Corbeaux souvent ornés soutenant une corniche d’une abside de type roman.

 

Plein cintre : Arc en demi-cercle.

 

Remplage : Ensemble d'éléments de pierre qui, en architecture gothique, divisent la surface d'une baie et encadrent les vitraux.

 

Voussure : Archivolte d’un portail.

 

 

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Ouvrages consultés :


 http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee.fr

Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest : L’église de Savigny – sous – Faye par l’Abbé Grand. (Cet abbé fut curé de la paroisse de 1898 à 1912)

Savigny – sous - Faye Église Étude préalable à la restauration des couvertures et de la maçonnerie extérieure de l’édifice François Jeanneau Architecte en chef des Monuments Historiques.

Rapport de M. le Curé de Savigny à l'occasion de la confirmation du 20 juin 1930

 

Si vous voulez en savoir davantage sur saint fort, consultez par exemple :

J.A Brutails La question de Saint Fort. Extrait des Actes de l’Académie de Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. Imprimeries Gounouilliou.

 

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