🌊 Ici commence la 🌊
Un déchet abandonné sur un trottoir d’une commune de la Vienne peut-il vraiment finir dans l’océan ?
La réponse est oui.
Quand un déchet jeté dans la rue peut finir à la mer
Un mégot dans une bouche d’égout, une bouteille ou un sac déposé sur le trottoir, l’eau de nettoyage d’une toiture qui finit dans l’avaloir, des résidus de peinture ou de produits de nettoyage rincés dans un caniveau… Ces situations ont toutes un point commun : les déchets et polluants peuvent finir leur voyage en mer.
La pollution marine peut sembler être une préoccupation lointaine quand on habite dans les terres. Pourtant, dans la Vienne comme dans le reste du pays, la mer commence au pas de notre porte, car les réseaux d’eaux pluviales de nos communes, les fossés, les ruisseaux et les rivières constituent les premiers maillons d’un immense réseau qui achemine l’eau jusqu’à l’océan.
Le voyage de l’eau
Lorsqu’il pleut, une partie de l’eau va s’infiltrer dans le sol, rejoindre et alimenter les nappes phréatiques. Mais une autre partie va s’écouler sur des surfaces artificialisées (routes, trottoirs, parkings…). Cette eau de pluie va entraîner avec elle tout ce qu’elle croise : mégots, déchets, hydrocarbures ou encore résidus de produits chimiques.
Cette eau rejoint ensuite les avaloirs présents dans les rues. Contrairement à une idée encore très répandue, ces grilles ne conduisent pas, ou très peu, à des stations de traitement de l’eau. Elles évacuent les eaux pluviales et arrivent souvent directement et sans filtre dans un cours d’eau. Les déchets et polluants poursuivent alors leur voyage vers les rivières, les fleuves, et in fine la mer.
Les déchets plastiques : un problème qui commence à terre
La très large majorité de la pollution des océans naît bien loin du littoral. Environ 80 % des déchets retrouvés en mer proviennent d’activités terrestres (source : Ministère de la Transition Écologique).
Le plastique est particulièrement problématique, car il peut persister jusqu’à plusieurs centaines d’années dans l’environnement. De plus, en se dégradant, il va se fragmenter en morceaux de plus en plus petits jusqu’à devenir des microplastiques parfois invisibles à l’œil nu. Ces particules sont aujourd’hui présentes dans tous les milieux naturels, aquatiques comme terrestres, et se retrouvent également chez de nombreux animaux, ainsi que l’être humain via l’alimentation et l’inhalation.
Une pollution qui ne se limite pas au plastique
Chaque pluie lessive nos communes en entraînant une multitude de polluants souvent invisibles :
• huiles de moteur et hydrocarbures ;
• particules issues des pneus et des freins des véhicules ;
• pesticides et engrais ;
• peintures, solvants et produits de bricolage ;
• résidus de nettoyage des façades, terrasses et toitures…
Même les opérations de nettoyage des toitures peuvent avoir des conséquences importantes. Les produits chimiques utilisés pour éliminer mousses et lichens peuvent être entraînés vers les réseaux d’eaux pluviales et rejoignent alors directement les milieux aquatiques.
Dans certaines communes de la Vienne, l’eau du robinet vient en partie des rivières. Ces pollutions menacent la santé des consommateurs, demandent un traitement de l’eau plus important pour la rendre potable et coûtent plus cher aux habitants.
Agissons !
Ramasser les déchets reste indispensable, mais la solution la plus efficace consiste à éviter de les produire et surtout éviter qu’ils n’atteignent les cours d’eau, de même pour les polluants invisibles.
Les solutions sont souvent simples et accessibles :
• ne pas jeter de mégots ou déchets, que ce soit dans les rues, les avaloirs ou la nature ;
• ne jamais vider de peinture, solvants ou produits chimiques dans les réseaux d’eau ;
• utiliser une gourde et des contenants réutilisables ;
• réduire les emballages plastiques lorsque c’est possible ;
• nettoyer les toitures et façades avec des pratiques limitant les rejets polluants ;
• signaler les dépôts de déchets, en particulier lorsqu’ils sont proches des cours d’eau* ;
• sensibiliser son entourage, notamment les plus jeunes.
Ces gestes peuvent sembler modestes, mais répétés par des milliers de citoyens, ils peuvent faire une véritable différence pour préserver nos rivières et les océans.
Ici commence la mer… et c’est ici également que commencent les solutions.
Vienne Nature
* Il est possible de signaler les dépôts de déchets sur le site internet et l’application Sentinelles de la nature : https://sentinellesdelanature.fr/
L’opération Ici commence la mer, portée par Vienne Nature dans le département, met en lumière le rôle essentiel des gestes du quotidien dans la préservation de nos rivières, de la biodiversité locale jusqu’à celle des océans, et sensibilise notamment les plus jeunes sur ce sujet à travers des programmes pédagogiques dans les écoles de la Vienne.
Pour en savoir : https://www.vienne-nature.fr/ici-commence-la-mer/
Vienne Nature
Association de Protection de la Nature et de l’Environnement du département de la Vienne