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Histoire et Patrimoine

Le territoire possède une histoire riche qui se reflète à travers son patrimoine local. Bâtiments anciens, éléments architecturaux et traces du passé témoignent de son évolution au fil des siècles. Ce patrimoine, préservé et transmis, participe à l’identité du lieu et offre un cadre authentique à découvrir.

L'église SAINT PIERRE

Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926, l’église Saint Pierre a été classée monument historique en 1994 et à ce titre, elle est protégée par la loi.

Fermée en 1999, d’importants travaux de restauration y ont été entrepris de 2001 à 2008.

L'église est désormais rouverte au culte.

Bâtie sur l'emplacement d'un édifice religieux du Vème siècle, l'église Saint Pierre fut construite du XIIème au XVème siècle. De la partie datant du Vème siècle il ne reste, semble t-il, rien d’apparent. On peut cependant supposer que les fondations, visibles lors de la dernière campagne de fouilles de 2008, remontent à cette période.

À l’intérieur comme à l’extérieur, cette église présente des traits architecturaux et ornementaux propres aux styles roman et gothique. Des modifications telles que la construction d’une sacristie adossée au chevet, et de contreforts de part et d’autre du portail ont été effectuées dans le courant du XIXème siècle. Toutefois, malgré ces différents apports, vu de la Place, l’édifice donne une impression d’homogénéité architecturale et nous pensons nous trouver devant un édifice purement roman.

Certains auteurs[1] pensent qu’il existe des points communs entre la partie romane de cet édifice et l’église Notre-Dame de Lencloître (1106 – 1109). On peut en effet imaginer que les tailleurs de pierre ayant terminé un chantier en aient entrepris un autre à peu de distance du premier.

Extérieur


 Comme de nombreuses églises paroissiales rurales, l’église Saint Pierre est de forme rectangulaire et est composée d’une nef et d’un chœur.

L’appareil est constitué de blocs de pierres quadrangulaires. Compte tenu de leur couleur et de leur grain, on peut penser qu’il s’agit de tuffeau extrait dans les environs.


La façade ouest

Sur cette façade s’ouvre un portail roman à arc en plein cintre auquel on accède en descendant quatre marches. Deux des trois voussures sont ornées de palmettes et de motifs géométriques dessinant une chaîne incrustée de perles. Les corbeilles des chapiteaux sur lesquelles reposent les voussures externe et médiane présentent des motifs en dent de scie, des oves, des feuillages et des éléments végétaux ressemblant à des boutons de fleurs de lotus. Au dessus de ce portail on peut voir une étroite fenêtre à arc en plein cintre dénuée de tout ornement hormis une clé en relief. 

Voussures et chapiteaux du portail.

 

La façade nord

Les trois contreforts plats qui soutiennent la nef délimitent quatre travées romanes du début du XIIème siècle.

Cette partie de la façade est percée de quatre baies à plein cintre dont les claveaux sont surmontés d’un cordon décoré d’une simple moulure rainurée. Une fenêtre semblable, mais aujourd’hui murée, éclairait le chœur. Au dessus de celle-ci, on retrouve le même décor qui se prolonge jusqu’aux contreforts qui l’encadrent à gauche et à droite. En observant de près la partie gauche, l’arc de cercle tracé par la moulure qui surmonte la quatrième fenêtre de la nef (celle qui est la plus proche du clocher), on se rend compte que cette ornementation devait peut-être courir sans interruption tout le long du mur.

Sous les fenêtres, un autre cordon, orné de losanges, souligne la façade. Ici aussi, on peut noter des ruptures dans le tracé du décor. Tout d’abord, il ne débute qu’à partir de la première baie de la nef et non à l’angle de l’édifice. Il reste à la même hauteur tout le long du mur correspondant à la nef puis, à partir de la tour qui abrite l’escalier du clocher jusqu’au contrefort épaulant l’angle du chevet, il est placé quelques mètres plus bas. Monsieur Jeanneau, Architecte en Chef des Monuments Historiques, explique que la tour du clocher « semble avoir été montée en deux étapes. En effet, dans ses parties basses, une corniche court à la même hauteur que celle du mur nord de la nef ; deux rangées de trous de boulins alignés sont visibles dans les parties basses, de la travée sous clocher et du mur du chœur, enfin les assises du mur nord de la nef sont continues avec les assises du mur nord du chœur, mais pas avec les assises du mur nord de la nef. À mi-hauteur, une rupture dans le montage des assises est discernable entre les deux contreforts de la travée du clocher. (….) Tous ces indices nous font penser que la construction de l’églises a commencé par l’est, mais qu’après un court arrêt des travaux, survenu alors qu’on travaillait à la tour d’escalier, le chantier a repris avec l’achèvement de la tour de l’escalier du clocher et par la construction de la nef. »

Sous la fenêtre romane murée, une porte surmontée d’un arc surbaissé donne accès au chœur. Cette ouverture, bouchée avant que les derniers travaux de restauration n’aient été entrepris, sert aujourd’hui d’entrée aux personnes à mobilité réduite. 


La façade est

Le chevet de l’Eglise Saint Pierre est plat alors que celui de la plupart des édifices religieux romans dessine une courbe. Selon Monsieur Jeanneau, le « réaménagement au XIIIème siècle, (…) a peut-être dû concerner la fermeture de l’église par un chevet plat remplaçant une abside semi-circulaire (…). Certes nous n’avons pas la possibilité de prouver cette hypothèse (…)».

Alors, quelle était la forme du chevet original ? Pour de nombreux historiens de l’art, les chevets plats associés à une nef unique sont fréquents dans les petites églises rurales romanes et gothiques car le coût de leur construction est moins élevé que pour un tout autre type de chevet.

Une fenêtre ogivale à remplage datée du XVème éclaire le chœur. Malheureusement, le toit de la sacristie construite au XIXème en masque partiellement la vue.

Ici, comme sur le parvis et le long du mur nord, on constate l’existence d’une importante dénivellation. En effet, le terrain voisin est situé au moins un mètre en contrebas.


La façade sud

Au niveau du chœur, le mur a été percé au XVème siècle d’un oculus sans ornementation.

La nef est éclairée par deux baies : l’une trilobée mais simple et l’autre à remplage surmontée d’un oculus quadrilobé. Toutes deux sont de style gothique (XVème siècle).

De ce côté de l’église on constate encore qu’une importante quantité de terre a été apportée à un moment donné de l’histoire de l’édifice. On peut supposer que cette modification est postérieure aux restaurations réalisées au cours du XVème siècle. En effet, on découvre une baie ogivale enterrée aux trois quarts de sa hauteur. On sait, grâce à un document daté de 1930, que déjà « [de] 1829 à 1875 pendant plus de quarante ans M. André curé de Savigny espéra avec le conseil de fabrique assainir les murs de l’église en la dégageant des terres qui l’enserrent (…) ».

Baie gothique semi-enterrée

On ne peut en outre n’être que frappé par l’énormité des contreforts qui supportent toute cette partie de l’édifice. Celui qui épaule le chevet ainsi que les deux contreforts suivants ont été construits au XIIIèmesiècle. Les contreforts situés au niveau de la nef sont contemporains des baies gothiques.


Le clocher

Situé juste avant le chœur, le clocher est percé d’ouvertures géminées à arc en plein cintre. Ces baies sont ornées d’archivoltes moulurées reposant sur d’élégantes colonnettes aux chapiteaux ornés de feuillages. Sur le toit, une girouette représentant un coq[2] a été mise en place à la suite des récents travaux de restauration (Sur des photographies datant de la première moitié du XXème siècle, on n’en voit que la partie inférieure.). La tour qui jouxte le clocher abrite l’escalier permettant d’accéder à la chambre des cloches.


Les modillons

Sous les toits du clocher et de l’abside court une corniche soutenue par des modillons. Les uns sont carrés et sans décor, comme par exemple sous la toiture de la nef, tandis que la plupart de ceux du clocher et du chevet sont sculptés. On voit souvent de tels ornements dans l’architecture religieuse de style roman. Placés à l’extérieur et en hauteur ils permettent aux sculpteurs de représenter surtout un monde profane qu’on ne laisse pas toujours entrer dans les églises. On trouve ainsi des modillons grivois aux cotés d’êtres fabuleux, de visages grimaçants, de références aux pêchers des hommes, d’animaux domestiques ou sauvages.


L’acrobate. (du gr. akros, haut, et batein, marcher). Pour certains auteurs, l’acrobate est donc celui qui va vers le ciel, qui se tourne vers dieu. Il pourrait ainsi être celui qui se convertit. Cependant, l’acrobate se produisait aussi  dans les fêtes de village comme dans les  châteaux. Il peut alors n’être que  l’illustration d’un aspect de la vie des  hommes.

Chien ou loup ? Sa gueule entrouverte et ses dents acérées nous suggèrent en tous cas qu’il s’agit d’un animal maléfique annon-ciateur de mort peut-être.

Est-ce Satan qui parle à l’oreille de l’Homme ? Le regard de ce dernier semble être dirigé vers le haut est-ce pour signifier qu’il se tourne vers dieu afin de résister à la tentation ?

On trouve souvent des tonnelets. Il y en a deux à Savigny.

Animal fabuleux s’apprêtant  à dévorer un homme dont la position renversée évoque la Chute.

Chats jumeaux ? Le chat était doté de pouvoirs aussi bien bénéfiques que maléfiques. Au Moyen - Age, on le croit en relation avec le monde des ténèbres.


  Femme en train d’accoucher ?

Encore un homme avalé ! Châtiment ou figuration des vices qui le dévorent ?

Cette femme donnant naissance à deux serpents qui tètent son lait symbolise la luxure. Comme ceux de la sirène, ses cheveux sont longs, ce qui évoque la tentation

De tels modillons ne sont pas rares. La langue tirée représenterait la parole sacrée ou encore la calomnie.

Une représentation de l’homme cannibale. Les yeux exorbités de l’avaleur en font un être terrifiant. Ou s’agit-il d’une figuration de la résurrection, d’une renaissance spirituelle ?

Même thème illustré ici que par le modillon précédent.

Barbes et moustaches permettent de distinguer hommes et femmes. Ce modillon semble représenter un vieillard le regard implorant tourné vers le ciel.

Curieux modillon aux visages tête bêche.

Serpent anthropomorphe étouffant des pécheurs.

Sirène bifide. Doit-on voir ici une puissance maléfique, une illustration de la séduction qui pousse l’homme à sa Chute ? On trouve une telle figure dans l’Odyssée d’Homère (Les sirènes qui tentent de séduire Ulysse et ses marins ont des ailes) et dans le poème de H. Heine Die Lorelei (1824).


En faisant le tour de l’église, nous avons pu constater l’existence d’un certain nombre d’« anomalies ». Pour quelles raisons a-t-on apporté de la terre autour de l’édifice ? On sait qu’une partie de cette terre recouvre les vestiges d’un cimetière mérovingien et des traces d’occupation romaine. Pourquoi la disposition des pierres dans l’angle nord-ouest de l’église n’est-elle pas aussi harmonieuse qu’ailleurs ? Pourquoi la façade nord est elle romane tandis que l’essentiel de ce qu’on voit côté sud est gothique. La visite de l’intérieur de l’église apporte des réponses.


Intérieur


Il faut encore descendre quatre marches pour accéder à la nef. Les enduits à la chaux avec faux joints datant du courant du XIXème siècle ont été repris au moment de la dernière restauration.


La nef

Au lieu des quatre travées auxquelles on s’attendait, on découvre ici qu’il n’y a que deux voûtes à croisée d’ogives fermées par des clefs armoriées. L’une porte les armes du roi et l’autre celles du dauphin Charles II, comte de Poitiers qui deviendra Charles VII, roi de France en 1422.

Côté nord, les colonnes de la nef ont des fûts et des bases romanes mais les chapiteaux de celles qui supportent les voûtes à croisée d’ogives sont gothiques. Ils ne présentent aucun décor autre que des moulures simples et leur abaque est polygonal. Ils ont été repris au XVème siècle en même temps que la voûte et les baies ouvrant au sud.

On constate que les abaques qui à l’origine coiffaient les colonnes délimitant la première et la troisième travée ne supportent plus rien. Les quelques pierres qui surmontent le premier laissent penser que la voûte s’est effondrée brutalement. L’abaque du deuxième a été endommagé mais, tandis que la corbeille du premier est ornée d’éléments végétaux, celle-ci est sculptée de deux lions affrontés soutenant une perle et en tenant une dans la gueule. On remarquera deux autres chapiteaux historiés : au nord, juste avant la travée sous clocher, l’arc est soutenu par deux colonnes romanes adossées. Le décor de la corbeille du chapiteau roman côté nord présente deux êtres mi-oiseaux mi-serpents affrontés. Deux personnages qui semblent flotter dans l’air en tenant un blason, une hostie ou une couronne de fleurs ( ?) ornent la corbeille fortement endommagée du chapiteau côté sud.

Chapiteau roman de la nef (Détail).Cliché François Robin.

Au nord, les arcs de plein cintre qui surmontent les baies romanes à gradins reposent sur des colonnettes coiffées de corbeilles sculptées de fleurs et feuillages divers ainsi que de motifs géométriques en dent de scie. Au sud, les deux baies gothiques présentent une ouverture en biseau qui laisse ainsi entrer le maximum de lumière à l’intérieur de l’édifice.

Deux autels datés du XVIIIème siècle se dressent contre les murs nord et sud de la dernière travée de la nef. L’arc en accolade qui surmonte la niche dans le mur sud laisse supposer que son aménagement n’est pas antérieur au XVème siècle.

Dans la deuxième travée sud on notera la présence d’une porte romane aujourd’hui bouchée. Elle correspond à l’ouverture gothique semi enterrée visible à l’extérieur.

Le vitrail de la fenêtre percée à l’ouest, au dessus du portail, est un don d’André Aîné en 1872. Il représente Saint Pierre reconnaissable à ses attributs : triple couronne, croix papale à triple croisillon (Il est le premier pape de l’église catholique romaine.).

La travée sous clocher présente une voûte en berceau brisé soutenue par des arcs doubleaux à double rangée de claveaux ainsi que par de puissants arcs formerets.


Le chœur

Cette travée est couverte par une voûte en berceau. Sur le mur nord, à l’emplacement de la baie romane occultée, l’enduit est recouvert d’une peinture murale sur laquelle on reconnaît les deux clefs de Saint Pierre (celle de la Terre et celle du Ciel), la tiare papale ainsi qu’un livre, sans doute la Nouvelle Loi.

Sur la partie inférieure gauche du vitrail au dessus de l’autel on peut reconnaître Saint Pierre enchaîné (tonsure, barbe bouclée) et en arrière plan, des soldats, sans doute ceux qui l’ont capturé. La partie droite montre le Christ confiant les clefs à Saint Pierre. Ce vitrail et celui de la baie circulaire ont été restaurés entre 2001 et 2008.

Vitrail du choeur

Devant le vitrail, se dresse un autel construit en 1840 par le frère de Mr. André, curé de Savigny, aidé de François Charlot menuisier.

Sur l’autel, un tabernacle du XVIIème en bois peint et dessous, une châsse abritant un gisant représentant Saint Fort. Une relique de ce Saint, dont la réputation est de guérir les enfants malades, se trouve enchâssée à l’arrière de l’autel moderne.

Tabernacle

Aux angles sont placés deux culs-de-lampe sculptés et peints. Celui de droite tient un livre : l’Ancien ou le Nouveau Testament. Celui de gauche pourrait, selon M Jeanneau, tenir un phylactère.

 Culs-de-lampe

Relique de saint Fort


Il semble qu’on trouve le nom de ce saint principalement dans l’ouest de la France, à savoir, dans le Bordelais, en Poitou, Saintonge et Anjou.

Un peu de mystère entoure l'existence de ce saint: Selon certains textes Saint Fort fut le premier ou un des premiers évêques de Bordeaux, selon d'autres ce fut Saint Seurin ou Saint Sévérin. Tous deux seraient morts en martyrs, mais les auteurs ne s'accordent pas pour dire comment serait mort Saint Fort. aurait-il été égorgé, lapidé ou encore décapité ? Cependant, il n'y a nulle trace de Saint Fort dans la martyrologie chrétienne. Un des tombeaux se trouvant dans la crypte de la Basilique de Saint Seurin de Bordeaux, serait celui de Saint Fort et l'édifice religieux héberge des reliques des deux personnages. Le problème est que l'église de Tourtenay, dans les Deux-Sèvres abriterait aussi le tombeau de Saint Fort qui serait mort de maladie au prieuré alors qu'il y séjournait. D'autres documents signalent que le mot «fort» était autrefois utilisé pour désigner une châsse contenant des reliques. Y aurait-il confusion: le «saint fort» ne serait-il alors qu'une sainte châsse ? Il n'en demeure pas moins qu'une relique attribuée à Saint Fort fut apportée de Poitiers, le 17 septembre 1899, par monseigneur Pelgé. Cette relique est enchâssée à l'arrière du nouvel autel de l'église. La croyance populaire attribuant à certains saints des vertus en relation avec leur nom, les femmes venaient ici en pèlerinage le lundi de la Pentecôte pour que saint Fort accorde force et santé à leurs enfants de faible constitution ou malades.

Relique de Saint Fort

Non loin de Savigny, à Ceaux-en-Loudun, une autre relique du saint a été vénérée par les paroissiens. Une messe y était célébrée au mois d’août, le dimanche qui suit la Saint Augustin.

Sur l’affichette reproduite ci-dessus, on peut voir un dessin représentant le cénotaphe (début du XX ème siècle ?) dans lequel se trouve le « gisant » de Saint Fort. Suspendue au mur nord, une peinture montre des enfants recevant la bénédiction de Saint Fort.


Petit glossaire


Abaque : Tablette qui couronne le chapiteau d’une colonne.

Arc formeret : Arc qui longe le mur et sert d’appui à une voute.

Arc doubleau : Arc séparant deux parties d’une voute ou soutenant un berceau.

Arc triomphal : Il s’agit d’un arc séparant la nef du chœur.

Archivolte : Moulure simple ou sculptée surmontant l’arc d’un portail ou d’une baie.

Claveau : Elément de pierre taillé en biseau constitutif d’un arc ou d’une voute.

Corbeille : Partie généralement sculptée d’un chapiteau sur laquelle repose l’abaque.

Croisée d’ogives : C'est une voûte constituée d'arcs disposés diagonalement (les ogives) qui se croisent au centre sur une clef et reposent sur les abaques des colonnes. On rencontre ce type de voute en architecture gothique.

Cul-de-lampe : Ornement en forme de cône ou de pyramide renversée servant à supporter la base d’une colonne, la retombée d’un arc ou, comme ici, une statue.

Géminé : Baies (souvent séparées par une colonnette), arcades, ou colonnes jumelées.

Historié : Qualifie un chapiteau représentant une scène animée.

Modillon : Corbeaux souvent ornés soutenant une corniche d’une abside de type roman.

Plein cintre : Arc en demi-cercle.

Remplage : Ensemble d'éléments de pierre qui, en architecture gothique, divisent la surface d'une baie et encadrent les vitraux.

Voussure : Archivolte d’un portail.

Château de Savigny 

Située dans le parc de la Pinaudière, cette bâtisse de pierres blanches fut construite en 1826 dans le style renaissance (fenêtres à meneaux, lucarnes surmontées de clochetons, rigoureuse symétrie de la façade etc…) par les barons de Cougny-Prefeln puis agrandie en 1860.


Château de la Plaine

 Ce château fut construit au XIXème siècle dans le style Louis-Philippe. Il est constitué d’un corps de logis rectangulaire édifié sur deux étages. A chaque extrémité de l’édifice s’élève un pavillon flanqué d'une tourelle. Une corniche soutenue par de larges modillons1 cannelés située sous la toiture, ainsi que deux bandeaux2 de largeur différente au niveau du rez-de-chaussée et du premier étage apportent des éléments de décoration que l’on trouve dans d’autres bâtiments datant de cette époque. Les pilastres3 à refends4 qui rythment la façade sont eux aussi une caractéristique du style Louis Philippe. On peut aussi noter la présence de persiennes devenues pliantes à cette période. Par contre, les arcs trilobés5qui ornent les frontons à pignon des lucarnes sont une note plutôt anachronique puisqu’ils sont de style gothique.



Le Train


Mise en service le 20 septembre 1886, la ligne à voie unique desservait 3 fois par jour les gares de Châtellerault, Châteauneuf, Scorbé-clairvaux, St Genest d’Ambière, Lencloître, Cernay-Doussay, Savigny-sous-Faye, Berthegon, Monts sur Guesnes, Le Bouchet, La Bourdigalière et Loudun ce qui représente une distance d’une cinquantaine de kilomètres.

La ligne a nécessité la construction de 55 ouvrages d’art dont de nombreux ponts et ponceaux enjambant ruisseaux, fossés et chemins sur la commune de Savigny.

La gare de Savigny était une gare de 5ème classe (3 fenêtres en façade). Elle était dotée d’un hangar à marchandises, d’un quai, d’une rampe d'accès, de toilettes extérieures ainsi que d’une citerne alimentée par une éolienne contenant de l’eau pour les locomotives à vapeur. Le trajet complet durait entre 1h30 et 3h.

Le train était composé d’une locomotive à vapeur avec un tender contenant le charbon et la réserve d’eau, puis de trois wagons de première, deuxième et troisième classe. A ceux-ci s’ajoutaient un ou deux wagons de marchandises et un wagon de messagerie et de courrier postal.

Le train permettait le transport rapide des productions locales : le vin de Berthegon, le bois produit par la forêt de Scévolles et les légumes  de la vallée de l’Envigne.

En 1929  8058 voyageurs transitaient ainsi que 1500 tonnes de marchandises. Le trafic marchandises s’est arrêté en 1985. La ligne a été officiellement déclassée le 26 septembre 1992.

Depuis 2001, la Ligne Verte, accessible aux cyclistes et marcheurs, suit sur 37 kilomètres le tracé de la ligne chemin de fer. C’est un endroit privilégié pour la faune et la flore et à la bonne saison vous y verrez certainement plusieurs espèces d’orchidées.

Les Hameaux

Cezay

A l’origine, on trouve Cezaium qui serait un nom propre auquel est accolé un suffixe désignant l’appartenance d’un domaine à un homme.

Vers (1087-1100) ?? apparaît Arbertus de Sazai (abbaye de St Cyprien). Le nom de Sazay (Commanderie de St. Georges) apparaît en 1440 puis Sezay en 1514 (Commanderie de St. Georges). Enfin, à partir de 1519, le hameau prend le nom de Cezay (Chapitre de Ste Radegonde). 


Champsalé

On trouve Chancolée en 1279, puis Champsalée en 1485, Chamsallée en 1544 (cure de Sérigny) et Chaussalée en 1548 (Seigneurie de Germiny ) .


La Fuye

Ce nom viendrait du mot latin classique fŭga : fuite. Le mot  "fuie" est attesté vers 1135 dans le sens de « fuite ». En 1278 on le trouve utilisé dans le sens de « retraite pour les pigeons, volière ».

Le nom du lieu a évolué de la façon suivante : Fugia de Baudaye 1239, Fodia de Bauday 1260, Foya de Bauday 1288, la Fuye de Bauday 1297, la Feue 1334 (couvent de Lencloître), La Fuie 1599 (prévoté de Blaslay), chapelle St Vincent de la Fuie 1769 (cure des Ormes).


La Messelière

Nous n’avons trouvé que les dénominations suivantes : la Messelliere en 1447, la Messalliere en 1448 et la Messeliere en 1479.


Soudun la Plaine

Hôtel de Soudun (©1975 Claude Thébaul)

Il semble que le nom du lieu-dit ait évolué comme suit : en 1180, on trouve Sosdan  puis Sodan en 1228. Un certain Hugo de Sodein miles (sic) est mentionné en 1285, Soudain en 1293. Il est fait mention du Prioratus de Soudain in parrochin de Savigne de capelle de Soudain (prieur de Soudain en la paroisse de Savigne de la Chapelle de Soudun) en 1303. Ensuite on a Soudein 1346, priourté de la chapelle de Soudain en 1366, Capella de Soudun en 1383, Prieuré de Soubdain 1682, prieuré de la chapelle St Laurent de Soudun 1706, St Laurent la capelle Soudan 1782.

Hôtel de la Sitière (©1975 Claude Thébaul)

Sur la carte de Cassini datant de 1768 sont signalés le hameau de Soudain, l’hôtel de la Plaine et l’hôtel de la Sitière situé plus au nord, sur Orches.  Ajoutons qu’il y est fait mention d’un priéuré des Carmes dépendant de l’abbaye de St Benoît. Par ailleurs, on trouve le nom de Soudun« en la paroisse de Saint Pierre de Savigné soubz Faye la Vyneuse » dans un acte de rémission (amnistie) accordé en décembre 1463 par Louis XI à Guyon de Vaucelles seigneur de la Citière, fief mouvant1 du marquisat de Clairvaux, pour le meurtre du prieur Vincent Fèvre. Il s’agissait là, semble t-il, d’un crime passionnel puisque victime et assassin avaient la même femme pour maîtresse.

Les seigneurs de la Plaine appartiennent à la famille des Cars, patronyme qui a aujourd’hui disparu dans la commune.

1 Fief mouvant : fief relevant d’un autre fief.


La Brosse

Le nom de ce hameau vient sans doute du mot « broccia » signifiant taillis épineux. En sylviculture, une « brosse désigne une haie de buissons qui borde un bois et le protège des vents et des animaux».

 

Le bourg

Le toponyme « Savigny » viendrait du nom Romain Savignacus, ce qui atteste l’origine Gallo-Romaine du lieu.

En 975 ou 976 on trouve l’appellation Villa Savignacus in vicaria brainse (Domaine de Savignacus dans la viguerie1 de Braye).

Dans le cartulaire2 de l’Abbaye St Cyprien de Poitiers, il est fait mention d’une « Concession faite par Gérau, abbé de Saint-Cyprien, à Bernon, diacre de Saint Pierre de terres à Savigny dans la viguerie de Braye moyennant un sou de cens payable annuellement le 1er novembre ». (Cartulaire de l’Abbaye Saint-Cyprien de Poitiers, p. 47 consultable sur Gallica).

En 1081, on trouve l’appellation Ecclesia de Saviniaco (église de Savigny) dans le cartulaire de l’abbaye de Noyers située sur la commune de Noûatre (Indre et Loire) qui peut être consulté sur le site Gallica de la BNF dans Mémoires de la société archéologique de Touraine Tome XXII, chapitre LXXXII p.98 non traduit du latin.

En 1156, il est fait mention du Presbytère de Savigne (chapitre de Ste Radegonde). On trouve Savignec 1192 (abbaye de St Benoît de Quincay), puis Parochia de Savignico (paroisse de Savigny) en 1229, Savigny en 1333, Savignacum subtus Fayam Vinosam 1340 (Savigny sous Faye la Vineuse, abbaye de Fontaine le Comte), Savigné Soubz Faye en Anjou 1567 (abbaye de St Benoît), St Pierre de Savigny sous Faye 1757.

1. Une viguerie est un territoire soumis à la juridiction d’un viguier c'est-à-dire d’un juge.

2. Un cartulaire est un recueil contenant des copies des droits, titres de propriété et privilèges temporels d’une église ou d’un monastère.


La paroisse avant 1789

               

La paroisse porte le nom de Savigny sous Faye.

Elle prend son nom définitif en 1757. « Avant 1790, cette commune faisait partie de l’archiprêtré1 de Faye-la-Vineuse en Indre-et-Loire, du duché-pairie2 de Richelieu, duché de Châtellerault, et de l’élection3 de Richelieu, généralité4 de Tours. Le prieuré et la cure de Savigny dépendaient de l’abbaye de Saint-Benoît de Quinçay. Le prieur était seigneur, haut justicier de la paroisse. Le fief du prieuré relevait du château de Saumur ». (page 396 Dictionnaire topographique de la France consultable sur Gallica.bnf).

1 Partie d’un diocèse gérée par un archiprêtre. Un archiprêtre étant un prêtre que l’évêque plaçait à la tête d’une partie d’un diocèse.

2 Terres sous la domination d’un duc et pair.

3 Subdivision d’une circonscription financière.

4 Circonscription financière.


Nous avons aussi relevé le nom de quelques curés de la paroisse de Savigny sous Faye :

1667 1712 Beauvillain

       ?          De La Fouchardière

1715 1750 Bueveau

1751 1760 Prieur

La commune 1789-1901

En 1789 la commune  prend le nom de Savigny jusqu’en 1958 date à laquelle elle devient sous Faye.

Les communes sont crées le 14 décembre 1789

Les débats menés par l’Assemblée Constituante qui ont eu lieu dans le cadre de la promulgation de la loi sur le découpage du territoire ont abouti à la création de communes dont les limites correspondaient à celles des 44 000 paroisses existant au Moyen Âge. La commune devient ainsi la plus petite division territoriale et administrative du royaume. Le 10 brumaire an II (31 octobre 1793), la Convention décide que « toutes les dénominations de ville, de bourg, village sont supprimées et que celle de commune leur est substituée ». Les députés Thouret, Sieyès et Condorcet avaient proposé que les paroisses de l'Ancien Régime soient regroupées au niveau du canton et donc qu’il n’y ait que 6500 municipalités. Un tel regroupement aurait permis aux petits villages de disposer non seulement d'un personnel administratif en nombre suffisant, mais aussi compétent. En effet, peu savaient lire et écrire.

La commune est administrée par un conseil général, vite appelé conseil municipal. Celui-ci est élu pour deux ans et est renouvelable par moitié tous les ans. Ses électeurs sont les citoyens payant un sens (impôt direct) équivalent à trois journées de travail. Les élus doivent, quant à eux, payer un impôt correspondant à dix journées de travail. Le nombre de conseillers varie de 6 à 42 suivant nombre d'habitants. Le conseil désigne un bureau municipal (ou municipalité) constitué de 3 à 21 officiers municipaux. Ce corps municipal siège en permanence. Il sert de tribunal de simple police. Parallèlement, les citoyens actifs élisent un maire pour deux ans  rééligible.

(Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). on  recense 36 682 communes au 1er janvier 2009).

S’rais tu pas fière Francille si j’étié conseiller municipau Prend garde, moun bounoume, tu ses qu’l’amblition a perdu Napoléon

Le gouvernement est représenté par un procureur de la commune, lui aussi élu pour deux ans. Il représente les contribuables dans les affaires qui les opposent aux administrations et est aussi accusateur public devant le tribunal de simple police.

Une élection a lieu en février 1790, une autre fin 90 et une fin 91. Les maires seront nommés de 1800 à 1882, date à partir de laquelle ils seront de nouveau élus.

Les registres des naissances, mariages, décès tenus par les paroisses depuis  l’Edit de Villers Cotteret en 1539, seront confiés à la commune à partir de 1792 .

 Le premier maire de Savigny dont nous sommes certain est Vincent Thibault  40 ans, domicilié à Cezay.

Les suivants sont Pierre Bourgine (1808), René Yvonnet (1811), François Richard (1815), Jean Chartien Descombes (1816), Jacques Thibault (1822), Louis Charbonneau (1840), Joseph Maulay (1846 et 1852), Jean Baptiste Mouillier (1848), Emile De Cougny (1853), Augustin Guellerin (1867), Adolphe Devergne (1876).


LES RECENSEMENTS

Les chiffres donnés ci-dessous nous permettent de constater une augmentation régulière du nombre d’habitants sauf en 1886 où on compte 98 habitants de plus qu’au recensement précédent. Nous ne connaissons pas la raison de cet accroissement soudain et momentané.

1793

592

1841

707

1872

705

1800

646

1846

750

1876

713

1806

670

1851

744

1881

703

1821

556

1856

725

1886

801

1831

665

1861

727

1891

746

1836

725

1866

734

1896

752